Nouvelle: L’étable, le mari repentant et l’épouse endurcie ou la véritable histoire de Lord Brabourne

Chères Lectrices, chers Lecteurs,

Voici une nouvelle inspirée de la véritable histoire de Lord Bradbourne!

L’aventure amoureuse et extra-conjugale dura trois belles années pour ce mari inconstant. Car, voyez-vous, il fit ses malles pour une beauté des Bahamas. Elle jouait les sirènes en montrant ses jambes longues qui avaient des préciosités de perles dans les vagues qui chantaient la plus romantiques des sérénades. L’amour a besoin de plein-air, de soleil et de la mer qui soupire.

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Vladimir Volegov

Dans ses promenades au clair-de-lune (Il avait pourtant promis de ne jamais céder à ces clichés de jeunes filles) il frôla sa main, lui parla bas et se sentit tout chose. Il respira son odeur charmante mêlée à celle des fleurs de tiaré. Il rêva à ces femmes insulaires, à leur mari invisible et à leur solitude enchantée. Une pensée neuve a éclos dans son cœur de mari pourtant fidèle. Il en fut bouleversé, coupable, mais ce sentiment mystérieux qui lui vint du large lui donna une âme d’aventurier. Et cet amour illégitime le fit frissonner de joie. Il retrouva son audace enfantine, lorsqu’il grimpait en haut du grand érable. Puis, il se dit d’une voix conciliante: Est-il sage de lutter contre la vindicte amoureuse? l’amour commande, n’est-ce-pas? et ne viendra-t-il pas me tancer d’avoir laisser filer une si belle aventure. Une “aventurette” de contrebande a un goût de trop peu.
Sous le souffle épicé et sucré qui éparpille les senteurs marines et florales, il céda. Voilà bien un appel des fées des îles qu’il ne put ignorer. Oubliée sa vie maritale! Trente-et-un ans pourtant! Pliés les devoirs mondains de son rang! Rangées ses obligations filiales et paternelles. Les mers anglaises sont déjà loin et leur grise mine incurable n’assombrit pas son bonheur azuréen!

Mais cet amour insulaire, à la solitude enchanté et à l’épouse invisible ne dura que trois rondes de saisons. Voici l’époux revenu au bercail: England is forever, car on est sujet de la reine à vie après tout! Lord B… s’en retourna donc à ses anciennes attaches indélébiles. Mais le contrat royal n’engage que sa reine et l’épouse trahie ne décolère pas. Elle montra donc au mari désobéissant le chemin de l’étable! Lord B… a donc pour lit un sommier de paille. Il crèche donc! Voilà donc une tournure argotique qui n’a jamais été plus vraie, pour une renaissance que le pénitent fera peut-être!

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Auguste Toulemouche

Mais la cruauté de ce retour aux sources est bien brutale. Il y a bien longtemps, fut une douce époque, où les femmes délicates fermaient les yeux devant les infidélités de leur mari! D’ailleurs avaient-ils besoin de quitter le domicile conjugal? et quand bien même! ces anges de patience et de dévotion les accueillaient les bras ouverts après cette longue absence. Les voilà revenus du paradis, le voyage fut long, chaotique et douloureux. Allons reposons-nous autour d’un verre de Brandy et allumons le feu.

Non, non et non, Lady B… oublia la docilité de ses aînées et adopta avec allégresse la nouvelle philosophie amoureuse: des frasques tu n’en feras pas ou avec les  moutons, les vaches et les ânes tu dormiras. Le mari prodigue ne fut donc pas fêté par une maisonnée dévouée. Il ne réinvestit pas son domaine en aventurier conquérant. Il ne franchit pas la porte magistrale du manoir hérité par son grand-père le Comte de Mountbatten de Burma. Il rentra penaud dans ce domaine ancestral qui avait accueilli la reine et le Prince Philip pendant leur lune-de-miel au temps des belles apparences. Une voiture déposa Lord B… devant la grange, il déchargea le coffre de ses petites affaires dans les communs. Peau d’Ane n’est plus la seule à se terrer dans la simplicité. Il y a quand même un peu de féérie dans cet arrangement.

À suivre…

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Avec un peu d’imagination Lord B… pourait faire concurrence à Peau d’Âne.

 

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3 thoughts on “Nouvelle: L’étable, le mari repentant et l’épouse endurcie ou la véritable histoire de Lord Brabourne

  1. Hihi. Le pauvre lord mais qu’elle femme!
    Une grange bien méritée.
    Je trouve que vous écrivez de mieux en mieux chère Isabelle.
    Des bises,
    Michèle

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  2. Merci Michèle pour ce compliment. Mias c’est en forgeant que l’on devient forgeron. Ce dicton est à propos puisque je viens d’une famille de forgerons d’ailleurs! Je me suis bien amusée à m’épancher sur les déboires de ce pauvre Lord B.
    Je vous souhaite une bonne journée
    montaine

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