Chapitre 22: La dernière joute

Dans la petite Prius qui nous ramenait à la maison, Sylvie bavardait comme une pie en repassant les événements de la journée. Le Pouilly-Fumé, le crabe et la victoire de Chuck l’avaient mise dans le mode “happy Lady.” Elle trouvait le “pépiniériste” d’Octavie bel homme, Pénélope dynamique et les membres du Dodo délicieusement galants. Arrivée devant chez moi, Sylvie pesta car sa place habituelle était encombrée par un camion de matériaux de construction et par une bétonnière. Elle finit par trouver une place dans le pâté de maisons en amont du mien.

Comédie en un acte:
Bons baisers de Montréal

(Il est six heures. C’est l’heure bleue à San Francisco. Sylvie et Claire accrochent leur trench-coat sur le large porte-manteau victorien de l’entrée. Phil se précipite un peu gêné. Il consulte sa montre et a l’air tout étonné de les voir déjà de retour. Il est vêtu d’un bleu de travail blanchi par la poussière des gravas. Claire et Sylvie s’avancent dans le hall et s’arrêtent ébahies au seuil du salon. La pièce est agrandie par la disparition des meubles. Plume tourne en rond dans ce désert domestique.)

Phil: (empressé)
Attends, il faut que je t’explique.

Sylvie:
Dis donc… Il y a eu un tremblement de terre cet après-midi?

Claire:
Ben mazette! On a eu de la chance qu’il n’y ait pas eu de tsunami. On aurait été aux premières loges!

Sylvie:
Ou alors c’est une autre facette du complexe de l’escargot. Il se tire avec ta maison sur le dos.

Claire: (Elle se tourne vers Phil qui la regarde penaud.)
Arrête de faire cette tête-là.

Sylvie: (agacée)
On aurait presque envie de le consoler. C’est un comble!

Claire: (le ton saumâtre)
Vas-tu m’expliquer ce qui se passe?

Phil: (conciliant)
Calme-toi. Je sais que tu détestes les chambardements mais tu verras, ce sera pour le mieux.

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Claire: (exaspérée)
Que je me calme! Tu démontes la maison, on se croirait à Lego-Land et il faudrait que je me calme. Tu fais disparaître les meubles et il faudrait que je souris!

Sylvie:
Bon, je pars. Tu me raconteras. Au revoir!

Phil et Claire: (en même temps sans regarder Sylvie)
Oui, c’est ça! Au revoir.

Phil:
Mais c’est toi la première qui m’en avais parlé. Tu te souviens? C’est toi qui voulait ton espace.

Claire: (abasourdie)
J’ai peut-être besoin d’espace, mais toi en tout cas, tu ne manques pas d’air!

Phil: (conciliateur)
J’ai toujours l’impression de te déranger quand je traîne par ici (Phil montre l’endroit où elle a installé son armoire-bureau) Vraiment, tu en fais des histoires! Je ne comprends pas. On se dérangera moins.

Claire: (contrariée)
Ah! Tu vois ça comme ça toi! On se dérangera moins. Tu parles de nous comme si on
était des biens mobiliers à agencer le mieux possible dans un salon.

Phil:
Mais pas du tout! Justement, je pense à notre bien-être.

Claire:
Et maintenant tu parles comme un dépliant publicitaire pour une cure thermale: Cure bien-être au sein d’un espace redéfini.

Phil:
Oh! Comme tu exagères. Je pense en effet qu’il faut parfois savoir réorganiser les lieux de vie.

Claire:
Phil! Tu t’adresses à moi comme si j’étais une de tes clientes! Tu réorganises ma vie
et tu me parles d’espace!

Phil:
Je réorganise ta vie! Comme tu es excessive. Ce que je te propose va juste illuminer nos journées!

Claire:
Je rêve! Ce que TU proposes va illuminer TES journées, tu veux dire!

Phil: (il s’approche de Claire souriant, puis lui prend tendrement le bras)
Claire, tu te souviens au début de notre mariage, tu avais fait un saut à Montréal et tu m’avais envoyé un petit poème. Je me le récite souvent:

Phil construis-moi
Un Solarium
Que le soleil puisse trouver
Un lieu de villégiature,
Reprendre des forces,
Caracoler dans un pré clos pour
Raviver ses fiers rayons
Qui ne sont plus qu’étincelles.
Et grâce à ses bienfaits
Je traverserai l’hiver
en twin-set,
coton perlé,
manches courtes.
Phil,
Construis-moi un solarium
Le jumeau
De la maison Dufresne.

Claire: (médusée, puis elle se met à rire)
Un solarium! tu me construis maintenant un solarium? Je n’en reviens pas. Je n’y pensais plus. Enfin presque plus!

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Phil: (avec tendresse)
Je suis navré. Le paravent de verre sur la terrasse ne devait être que provisoire.

Claire:
Non, c’est moi qui suis navrée. Tu me gâtes et je te réprimande. Tu te souviens de mes caprices et j’oublie que tu es une perle. (elle se blottit dans ses bras.)

Phil: (magnanime)
Bon, n’en parlons plus. Tu as dû imaginer que j’entreprenais des travaux sans t’avoir concertée. Ç’aurait été fort discourtois de ma part.

Claire:
Il ne me restait plus qu’à aller pleurer chez Phillis!

Phil:
Tu aurais eu toute sa compréhension et moi tous ses reproches. Oublions ce malentendu. Je sais bien que j’aurais dû construire ta “cage à soleil” il y a quelques années. Mais je suis tellement occupé à l’agence. Alors cette année, je me suis dit que ce serait ton cadeau d’anniversaire.

Claire:
Je doute que ma “cage à soleil” soit prête d’ici demain!

Phil:
Avec un jour d’avance je te souhaite bon anniversaire et je te promets que d’ici très peu de temps, il y aura ici un solarium jumeau de la maison Dufresne.

Claire:
Jumeau? vraiment? Tu n’as jamais visité le château des frères Dufresne.

Phil:
Et bien si! figure-toi. J’ai concilié mon voyage en Inde avec une escapade à Montréal. Ça n’a pas été de tout repos.

Claire:
Passer par Montréal pour aller en Inde ce n’est certes pas la route la plus directe.

Phil:
C’est sûr! Enfin, j’ai quand même trouvé un billet San-Francisco-Montréal-Bombay. J’ai d’abord pris un avion en partance pour Reykjavik qui faisait escale à Montréal, puis deux jours plus tard je suis parti pour Bombay.

Claire: (pensive)
Reykjavik… Avec une escale à Montréal. Il fallait y penser.

Phil:
L’amplitude thermique entre Montréal et Bombay est saisissante. Il a fallu que je ruse pour emporter des vêtements d’hiver sans que tu t’en aperçoives.

Claire:
Ah!! Pour une réussite, c’est une réussite. Je ne me suis aperçue de rien, Sherlock!

Phil: (fanfaron)
Heureusement! Il a fallu ruser sec!

Claire:
En tout cas, avec tout ce que tu as dû déployer comme ingéniosité pour concevoir
ce projet, J’ai hâte de pouvoir admirer ce solarium!

Phil:
Maintenant que le salon est complètement déblayé, on commence à casser le mur demain!Tu devras attendre!

Claire:
Tu pourras toujours me donner la maquette en guise de cadeau.

Phil:
Non! Suprise surprise. Elle est à l’agence dans une valise rouge. C’est pourtant une merveille. Nous l’avons peaufinée sur place.

Claire: (surprise)
Mais il n’y avait pas de valise rouge quand je suis venue te chercher à l’aéroport!

Phil:
Tu as raison. C’est Owen, notre maître d’œuvre, qui l’a ramenée d’Inde une fois les travaux complètement terminés.

Claire:
J’ai droit à une question joker?

Phil:
Une, et seulement une.

Claire:
Y aura-t’il des peintures murales et des carreaux bas-relief?

Phil:
Oui. On a choisi les couleurs les plus proches possibles pour chaque motif! On y a passé des heures.

Claire:
“On”? C’est qui “on”?

Phil:
Oh! Tu poses trop de questions! Tu crois que je suis seul sur le projet? “On”, c’est une assistante-contractuelle.

Le lendemain, dans le secret, j’allai rendre visite à Anna.

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Quand je suis arrivée, elle entretenait le jardin côté rue de la maison de Charles Linley comme l’exigeait le règlement de Palo-Alto. Elle taillait les rosiers qui égayaient la façade avec la même application que Phillis. Comme si elle m’attendait, elle interrompit son ouvrage en entendant mes pas. Immobile, elle me laissa l’approcher. Nous nous trouvions toutes les deux face à face. Elle était souriante et digne. Je reconnus son regard clair qui, sans humilité ni contrition, toisait le monde de son regard indifférent de fée ou de génie trouble. Ses cheveux libres tombaient disciplinés derrière un bandeau jaune de soie légère. Son teint opalescent et doux avec pourtant toute la froideur d’un blanc de porcelaine, la fraîcheur de sa bouche qu’on aurait dit dessinée au pastel mais les lèvres closes et butés, l’arc gracieux de son cou qu’un menton dominateur tenait en joue, toute cette belle organisation n’avait pas changé.
Quand elle me salua, une gêne fugace assombrit son sourire, comme si elle avait eu un instant de lucidité et percevait la dissonance de son enjouement. Elle reprit son aplomb dédaigneux, continua à tailler ses roses et la voix tranquille elle dit:
“Claire! Alors c’est vous. Je vous attendais.
— Anna! Je vous reconnais maintenant. Nous nous sommes croisées, il y a longtemps.
— Oui, vous vous étiez égarée. Je pense que vous avez retrouvé votre route.
— Vous n’avez pas changé la vôtre en tout cas. C’est pourtant maintenant une voie étroite à sens unique.
— Vous avez de l’esprit, ou peut-être est-ce juste votre Anglais qui…. s’améliore! Toujours cet accent pourtant!”

Anna n’avait perdu ni le sens de la répartie, ni sa prestance. Ironique, étrangement calme, elle me parlait négligemment, attrapant mon regard à la volée, puis le laissant tomber pour couper une branche trop épineuse. Elle jetait des bagatelles comme si j’étais une voisine venue l’entretenir des pucerons de rosiers. Pourtant, nous avions tant de choses à nous dire. Alors je rajoutai:
“On voit bien que ces roses sont l’orgueil de la devanture de la maison.”
J’avais insisté sur le mot “orgueil” et marqué un bref silence après l’avoir prononcé. Elle marqua une pause subreptice et nous échangeâmes un rapide coup d’œil entendu. Elle avait perçu l’allusion de ma réplique sans être certaine d’en mesurer toutes les implications. Une fois de plus, je semai le doute. Elle s’empressa d’en apprécier les limites.

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“J’aime les “correspondances”… “Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.” Vous vous souvenez?
— Baudelaire, bien sur! J’ai suivi son conseil. C’est passionnant de découvrir le recel des correspondances. Moi aussi j’aime les roses. Celle-ci s’appelle “Orgueil et Préjugés” elle est de l’espèce des Floribunda. “Les pétales légers et nombreux rappellent les jupons de mousselines de la mode régence.” C’est comme ça que les catalogues publicitaires les décrivent. Je me trompe? Et puis, elles ont un faux air de camélias, vous ne trouvez pas?”

Elle rosit légèrement, parce qu’elle me trouvait sinueuse et allusive. Elle leva les sourcils, en signe d’approbation presque respectueuse. Mais elle réprima sous son masque de froid dédain, un émoi coupable que mes allusions malmenaient:
“Je constate que vous prenez en considération les recommandations de lectures que vous font vos amis.
— Oui…depuis quelques mois seulement…je suis devenue assez férue sur le sujet. D’ailleurs j’ai relu beaucoup de mes classiques.”

Elle haussa les épaules. Son coup gracile s’inclina. C’était sa façon douce de m’apostropher. Elle continua:
“Parfait! en ce qui me concerne, je ne cite jamais les dépliants publicitaires. Trop ordinaire. Voyons ce qu’il vous reste de vos découvertes: “je me suis assise un moment dans le jardin de roses, pendant que Fanny faisait un bouquet; j’ai passé un moment merveilleux, je vous assure.” Alors, lequel?
— Jane Austen. Mansfield Park!
—Vous ne faites pas les choses à moitié.”

Cette camaraderie feinte protégeait Anna d’une déviation dangereuse. Habile, elle détournait ma petite fronde en réplique salonnière. Anna se retranchait derrière ces fausses amabilités en guettant l’indice décisif qui l’informerait de mes pressentiments et du véritable objet de ma visite. Elle n’avouait rien, ne confessait rien, tandis que moi, patiemment, j’élimais sa désinvolture:
“Vous non plus, vous ne faites pas les choses à moitié! s’attaquer à la réplique du solarium des frères Dufresne! il faut une sacrée confiance en soi.”

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Maison Dufresne, Montréal

Elle me répondit sur le ton de l’indifférence, plus occupée à tailler ses rosiers qu’à se laisser distraire par un bavardage inutile.
“Etudiante, je m’étais fait la promesse que je serai le maître d’œuvre d’un monument classé.
— Vous avez gagné cette gageure donc. Un pari c’est toujours une affaire incertaine.”

Anna tourna les talons comme pour marquer un point final à une conversation qui ne l’intéressait plus. Elle supportait mes humeurs avec l’agressivité passive d’une persécutée résistante. Immobile et droite, occupant ses mains à je ne sais quel jardinage inutile, je devinai ses sourcils réunis en arc unique sur un front parcouru de légères rides. L’air se raidissait et nous sentions la tension presque palpable de notre enjeu sentimental. Je continuais:
“Il y a toujours des paramètres inconnus dans un pari. On ne sait pas ce que fera l’adversaire.
— En l’espèce, je n’avais pas d’adversaire. Je relevais un défi que je m’étais lancé. Rien de plus.
— Je vous parle d’un autre pari.
— Je ne vois vraiment pas. Je n’aime pas les jeux de hasard.
— Vous m’avez à ce point chassée de vos pensées. Anna, vous le savez très bien, Phil ne m’a jamais trompée.”

À ces mots Anna vira son buste altier, appuya le dos de sa main sur son front pour essuyer une goutte de sueur et se donner une contenance. L’ombre de la maison s’étirait. Les feuilles vernissées des magnolias dérangés par le vent râpaient le sol. Anna qui sentait que la discussion prenait une tournure intime, me fit rentrer dans la maison. Je la suivis dans le grand salon.

Elle me présenta une place en contre-jour tandis qu’elle s’assit en face de moi. Je percevais sa silhouette en ombre chinoise et devinai son regard sépia. Elle s’inclina de côté et posa son coude sur un coussin qu’elle avait pris le temps de pétrir pour se sentir à son aise. Je continuais:
“Vous avez construit un trompe l’œil pour mener à bien les rêves d’enfance auxquels vous n’avez jamais pu renoncer. En me faisant de faux aveux, vous avez misé sur votre parole contre mes doutes. Vous avez espéré que dans ma colère, je renie Phil pour qu’enfin libéré de moi, il soit disponible pour mieux vous regarder. Vous avez propagé une rumeur en vous exposant chez Tadich avec Phil. Vous n’avez pas hésité à falsifier l’adresse de mon éditeur pour que j’incrimine Phil de sa négligence et provoquer une dispute. Vous vouliez déséquilibrer mes relations avec Phillis en semant dans son esprit le regret de ne pas transmettre son domaine aux enfants présumés de Phil. Vous vouliez lui laisser entendre que vous seriez une alternative plus fiable que moi.
— Ce ne sont que des conjectures. Tout ce que vous venez de dire, c’est bien votre pari. Vous espérez…
— Non, ce que je vous décris ne sont pas de fausses apparences. Je n’ai pas d’intuition, j’ai des certitudes.
— Les certitudes vacillent. C’est la face funeste de leur destin.
Anna s’exprimait avec une hardiesse déconcertante. Elle pourfendait, contredisait chacun de mes arguments en haussant les épaules d’un air arrogant. Je poursuivais sûre de moi:
“Pas celles-ci. Vos courriels sont restés lettres mortes. Les yeux de Phil vous ont si peu regardée parce qu’il n’a fait que vous croiser dans sa vie. Phil n’a jamais compris vos intentions à chaque fois que vous lui donniez un bouquet de camélias blancs. Moi si! Il fallait être aveugle pour ne se douter de rien. Vous n’avez pas le destin de Hero Wantage et il ne sera jamais un mari idéal à la Monsieur Darcy. La prédiction de votre premier courriel n’aboutira jamais car il ne s’est jamais persuadé de vous aimer. Vous avez suivi Phil pas à pas. J’admire votre constance mais vous avez échoué. Il est temps de choisir un autre chemin, de changer de romans.”

Parvenue à mes dernières conjectures, Anna se leva et gagna la cheminée d’un pas lent. Elle ne me voyait plus. Vaincue, silencieuse puis lointaine et renfermée, elle se murait entre la douleur nouvelle de cet abandon définitif et l’amertume face à ses espérances déchues. Elle effleura d’un regard honteux sa réflexion dans le miroir au-dessus de la cheminée. Un regain de fortitude la protégeait de toute manifestation émotive extérieure et humiliante. Recomposée, elle s’avança vers moi:
“Claire, décidément, vous vous croyez trop heureuse et enviée. Vous péchez par vanité! Je pars pour l’Inde la semaine prochaine. “Beauty of this World” a finalement ouvert une section joaillerie après maintes hésitations. La compagnie m’a nommée Directrice de ce nouveau service. Je pars à la fin du mois. Au revoir Claire.”

Elle me tendit sa longue main blanche et me sourit une dernière fois.

 

 

 

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3 thoughts on “Chapitre 22: La dernière joute

  1. Quelle femme, Claire tout de même !!
    Je plains un peu Anna, c’est bizarre mais c’est de bonne guerre.
    Elle doit quitter son enfance et se créer sa propre vie.
    L’analyse psychologique est très intéressante.
    Bonnes fêtes chère Isabelle et BRAVO!!!
    PS: Lise vous lit également mais elle n’ose commenter pourtant ses analyses de livres sont excellentes, bien meilleures que les miennes . J’ai eu une formation plutôt scientifique.

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    • Bonjour Michèle,
      Un peu dur pour Anna en effet. Ses rêves d’enfant s’achèvent. Il est temps pour elle de tourner la page. Elle s’est obstinée, mais elle a perdu la bataille.
      Encore un petit chapitre de coinclusion et je passe à mon roman suivant.
      Je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année.
      Montaine

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