Chpitre 9: lunch for two (fin)

7440374F-F6C9-4AB9-8CBD-A7DB7C47FA22

Jean Béraud, la modiste sur les champs élysées

Pénélope me fit un clin d’œil en se levant et fila d’un pas alerte sur ses jolis talons de femme élégante. J’allai à mon tour voir Grégoire. La maison “Edutech” avait fait son nid à l’orée du quartier Chinois, en bas des collines, dans un vieil entrepôt de briques rouges des années vingt. L’intérieur avait été repensé par le cabinet de Phil. Les maquettistes œuvraient dans de petits bocaux de verre où leur large plan de travail faisait une récolte généreuse de la lumière naturelle. Tout était blanc, transparent, lisse, moulé dans des matières synthétiques. Les chaises se déplacent sur roulettes silencieuses. À la mode quoi!

Adeline accueillait les visiteurs. Elle remplissait les fonctions aussi diverses que standardiste, secrétaire et gestionnaire des ressources humaines. Chaque fois qu’elle ouvrait la bouche, c’était pour cracher un crapaud et avec une assurance désarmante elle envoyait sa fléchette en agrémentant la sournoiserie d’un sourire. Mais, pour qui la pratiquait peu, elle était “quand même sympathique”, car elle mesurait avec habileté ses friponneries et accordait à l’offensé un temps pour qu’il lui pardonne ses diableries… Ne tenait qu’à la victime de ne pas prolonger son noviciat trop longtemps. En ce qui me concernait, mes apprentissages étaient bel et bien terminés!

Comédie en un acte:
Mais quel est ce serpent qui siffle sur ma tête?

(Le titre est de Claire qui se souvient de ses classiques.)

(Claire est reçue par Adeline qui furète dans ses dossiers, tapote sur son ordinateur et pose des petites questions anodines. Adeline cherche l’inspiration, le petit mot évocateur que Claire pourrait prononcer pour laisser des pensées malfaisantes envahir la pièce. Puis elle finit par dire)

Adeline:
Je suis allée chez Tadich aujourd’hui pour régler l’organisation du déjeuner de fin d’année

Claire:
Tadich? Bonne idée.

Adeline:
Merci. J’adore cet endroit, ce côté vieille brasserie Européenne c’est toujours un voyage dans le temps et l’espace.

Claire:
Voilà c’est ça, un voyage dans le temps et l’espace!

Adeline:
C’est le plus vieux restaurant de San Francisco.

Claire:
Oui, 1849, je crois.

Adeline:
J’aime bien leurs petits compartiments en bois blond. On se croirait dans un train.

Claire:
Ça isole du bruit, les convives peuvent discuter.

Adeline:
Oui, voilà, c’est comment dire…

(Passe Alex, un commercial énergique. Il saisit dans sa petite migration d’aquarium en aquarium une bribe de la conversation et tout heureux d’exercer son Français, il injecte innocemment du venin dans la discussion.)

Alex:
C’est plus intime. C’est parfait pour un rendez-vous galant.

Adeline:
Oui voilà, merci Alex, tu deviens vraiment bon en Français. Ces petits recoins c’est vraiment plus intime.
(Puis elle ajoute toute ragaillardie, car décidément cette conversation deviens terne.)
Tiens au fait, Claire, j’ai vu ton mari qui déjeunait chez Tadich!

Bank Holiday 1912 by William Strang 1859-1921

William Strang, Bank holiday

Claire:
Il a du goût.

Adeline:
Pour sûr, il était accompagné d’une fille blonde! Superbe! Ça devait être une stagiaire.

Claire:
Oui, une collègue, ou une stagiaire. Si tu savais tout ce qui défile.

Adeline:
Tu m’étonnes, pas mal les majorettes. Mais c’est fou les filles maintenant. Si tu l’avais vue? Ce…

Claire:
Justement je l’ai déjà vue…

Adeline:
Quand même, Tadich pour une stagiaire!

Claire:
Tu ne connais pas la générosité de Phil. D’ailleurs, s’il emmène une stagiaire chez Tadich, je t’épargne la description des endroits où il me sort, ça ferait vraiment m’as-tu-vu. En plus, je parie qu’il se comportait en vrai gentleman et qu’elle se croyait unique.

Adeline:
C’est sûr, elle était quand même aguichante, en plus leur table était juste à l’entrée du restaurant. On ne pouvait vraiment pas les louper.

404FD8DB-61BC-4F40-B2D2-D641917838B1

Konstantin Razumov

Claire:
Quand même quel homme d’affaires habile. Je connais cette jeune femme depuis longtemps. Ce n’est ni une stagiaire ni une collègue, mais une riche héritière de la baie. “Vieille bourgeoisie très aisée!” Gros contrat… Chut! Il faut bien chouchouter le petit chaton blond!

Adeline:
Forcément! C’est même une célébration.

Claire: (elle voit arriver Grégoire, elle se lève pour aller le rejoindre.)
Au fait Adeline, je te trouve une petite mine en ce moment. Tu devrais essayer le sérum au venin de serpent. Mais peut-être en fais-tu une auto-production, auquel cas tu es incurable! Au revoir et à bientôt chez Tadich

Advertisements

2 thoughts on “Chpitre 9: lunch for two (fin)

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s